L’axe médiatique autour de la fermeture de la chaîne télévisée s’effondre.

 lundi 16 juillet 2007.

RCTV disponible par DirectTV. Et où est passée la fermeture ? La sortie de RCTV par DirectTV contredit les affirmations de ses propriétaires, d’ opposants au gouvernement et d’organismes internationaux qui ont qualifié la mesure de non renouvellement de la concession de « fermeture de RCTV ».

Vive/Aporrea, 09 juillet 2007

 

 

Caracas.

Depuis samedi 7 juillet, la chaîne de télévision Radio Caracas Televisión (RCTV), qui appartient au Groupe 1 Broadcasting Caracas, à laquelle l’Etat vénézuélien n’a pas renouvelé la concession pour transmettre sur le canal 2 VHF en clair, a commencé à transmettre pour une période d’essai à travars le satellite de DirecTV.

La sortie de RCTV par DirecTV et peut-être dans un futur proche par le câble, contredit les affirmations de ses propriétaires, d’ opposants au gouvernement et d’organismes internationaux qui ont qualifié la mesure de non renouvellement de la concession de « fermeture de RCTV ». L’imposition de ce terme au niveau national et international, a permis aux opposants au Gouvernement du Président Hugo Chávez, d’affirmer qu’au Venezuela la liberté d’expression a cessé d’exister, étant donné qu’un média privé opposé au gouvernement « a été fermé ». Selon des représentants de la chaîne, dont les propriétaires maintiennent une opposition virulente au gouvernement vénézuélien, RCTV serait à l’essai comme partie du processus nécessaire pour respecter le protocole exigé par DirecTV l’entrée d’une fréquence sur sa grille de programmation.

DirecTV au Venezuela et en Amérique latine est la propriété du magnat médiatique et milliardaire vénézuélo-cubain Gustavo Cisneros, dont la chaîne Venevisión est la principale concurrente de RCTV. La lenteur de RCTV pour négocier sa sortie sur DirecTV peut être attribuée à la rivalité commerciale des deux entreprises et à la rivalité personnelle entre les propriétaires eux-mêmes.

RCTV, après qu’elle a arrêté ses transmissions en clair, a continué de transmettre deux émissions de son journal par l’intermédiaire d’Internet sur le site de vidéos YouTube, mais le nombre de téléspectateurs par ce moyen a connu une chute fracassante comparée aux premiers jours de transmissions, atteignant même seulement 144 téléspectateurs en un jour. RCTV et ses entreprises affiliées ont continué la production de feuilletons télé, lesquels sont exportés vers différents pays du monde, générant un grand pourcentage des bénéfices de l’entreprise.

RCTV : Un espace consacré au piétinement des droits des citoyens

La chaîne RCTV a été accusée par un ensemble d’organisations sociales et des médias communautaires de commettre des délits d’instigation à la délinquance, silence informatif et diffusion de propagande de guerre ; ce qui représente une violation de la constitution, de même que des violations de la norme qui régule l’utilisation de la concession accordée par l’Etat vénézuélien pour la radiodiffusion en clair.

Outre les délits mentionnés précédemment, RCTV a maintenu une position ouvertement déstabilisatrice pendant le coup d’état d’avril 2002, d’abord en appelant les citoyens à prendre les rues et à se lever contre le gouvernement du président Chávez, et ensuite en passant sous silence les manifestations populaires qui réclamaient le retour au fil constitutionnel, faiant croire à l’opinion publique nationale et internationale que tout était en ordre et qu’il ne se passait rien dans le pays. Une autre de ses fautes est la dette qu’elle a envers ses travailleurs, puisque RCTV ne régle pas la Sécurité Social obligatoire à l’institut Vénézuélien des sécurités sociales du Venezuela (IVSS) depuis 2005, et laquelle s’élève à 224 682 115,65 bolivars. Dans le même sens, des actions légales montrent aussi deux violations de plus. D’une part, en mai 2006, le Tribunal Suprême de Justice vénézuélien, sous la sentence n° 974, a interdit la publicité pour des services de prostitution et de pornographie transmises par RCTV, d’autre part, le 6 mars dernier la Huitième Chambre Supérieure des Contentieux Fiscaux de Caracas a publié la sentence qui oblige RCTV à payer 1 494 729 486 bolivares à cause de la non inclusion de la totalité de ses recettes brutes dans sa déclaration de l’impôt des télécommunications prévu par la Loi des Télécommunications de 1940. En prenant comme base que la concession à RCTV est entrée en vigueur le 27 mai 1987, et que le Règlement de la Loi Organique des Télécommunications, selon l’article un du décret publié au Journal Officiel numéro 33796, établit que « la concessionpour des radiodiffuseurs et des chaînes de télévision sera accordée pour 20 ans » ; celle-ci est arrivée à terme le 27 mai dernier.

L’Etat vénézuélien se réserve pour lui l’utilisation et la concession du spectre radioéléctrique du pays, mais pas la propriété des entreprises de service télévisuel qui peuvent être, comme c’est en effet le cas, de caractère privé. Les sièges et les équipes continuent d’être la propriété de leurs maîtres, ce qui implique que l’Etat vénézuélien en ne renouvelant pas la cocession, a seulement empêché que la chaîne transmette en clair, mais il n’a pas ordonné la fermeture de ses installations comme telles. RCTV n’a pas été empêchée de poursuivre sa transmission par des compagnies privées de télévision par câble au niveau national après la fin de la concession. Après le non renouvellement, l’Etat a cré une chaîne de télévision de service public Tves, sur laquelle les productions de médias alternatifs, de producteurs indépendants et d’autres acteurs ou organisations populaires sont diffusées, constituant un pas de plus vers la démocratisation du spectre radioélectrique, lequel a été concentré dans sa majorité (78 %) dans les mains de groupes privés.

Traduction : Cathie Duval